Sur cette page, j'explique comment l'épilation (ou le rasage), une injonction misogyne issue de la répression sexuelle subie par les femmes pendant des millénaires, est devenue une norme intégrée.
Depuis au moins 2500 ans en Occident, les hommes interdisent aux femmes de garder ou de montrer les poils pubertaires qu'ils ont en commun (jambes, aisselles, pubis) car ils se sont réservés le droit d'arborer ces poils qui indiquent la maturité sexuelle. Et comme dans le même temps, ils étaient les seuls à avoir le pouvoir, leurs poils prenaient une dimension politique. Avoir des poils et les montrer publiquement signifait être aux commandes.
Aujourd'hui en Occident, les lois permettent aux femmes d'accéder aux différents niveaux de pouvoir mais en pratique, les hommes détiennent encore majoritairement les rênes du pouvoir.
Voilà pourquoi cela dérange tant qu'une femme garde ses poils et pire, ose les montrer dans la sphère publique : inconsciemment, elle indique aux autres qu'elle revendique le droit au pouvoir, comme les hommes. Puisque dans l'imaginaire collectif en Occident, les poils sont associés aux hommes, à la "virilité", il y a transgression. Pour une femme, garder ses poils liés à la puberté et les montrer publiquement, c'est un acte militant, ce qui signifie que les poils ont une dimension politique.
S'épiler est une forme d'aliénation, de soumission aux diktats patriarcaux mais qui se cache derrière un vocable comme la mode, la pratique n'est jamais remise en question dans les médias et les inconvénients du rasage ou de l'épilation à la cire ou au laser sont nombreux mais volontairement omis lorsque le sujet y est abordé. Les conséquences sont désastreuses sur le plan esthétique, le jour où une femme décide d'arrêter l'épilation : il est pratiquement impossible de revenir à la pilosité originelle, preuve que la peau subit des dommages, l'épilation n'est pas un geste de "beauté" mais bien souvent une mutilation. S'arracher tous les poils du corps est une forme de jeunisme, ce que le féminisme dénonce sans relâche.
La pilosité féminine a complètement disparu de la sphère publique depuis les années 80, c'est une censure qui confirme le tabou ancestral interdisant aux femmes d'afficher des signes de maturité sexuelle. Il n'y a pas de libre choix de s'épiler ou pas à partir du moment où les poils féminins sont totalement absents des médias.
La publicité et les médias en général sont responsables en partie de ce monde "po-i-litiquement correct" mais il faut regarder au-delà pour bien comprendre le phénomène, dont les racines profondes remontent à l'Antiquité. Depuis que les industriels ont repris l'injonction à leur compte, l'épilation est devenue un gigantesque marché qui rapporte des milliards d'€ à l'industrie cosmétique, l'enjeu est devenu commercial.